Fiche technique
- Titre : Non titré
- Date : 1941 (circa)
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 32x55
- Localisation : Collection privée*
Contexte biographique / historique
Réalisée pendant l’année 1941, l’œuvre s’inscrit dans une période où Breuillaud alterne paysages provençaux et scènes de figures. Dans le contexte de la guerre, les formats restent souvent modestes et les sujets privilégient des motifs proches : promenades, loisirs au grand air, scènes rustiques ou idylliques, parfois reconstruites de mémoire plutôt que d’après un motif immédiat.
Cette composition de plein air convoque une veine « arcadienne » déjà présente dans son œuvre : les corps n'y sont pas traités comme un sujet d’atelier, mais comme une figure intégrée au paysage, au même titre que les arbres, les ombres et la profondeur du terrain.
Description plastique / stylistique
La scène est structurée par la monumentalité de trois arbres aux troncs puissants, dont le réseau de branches forme une voûte sombre qui cadre le champ. À droite, un couple assis se détache par des volumes simplifiés et des plages colorées claires ; à gauche, deux figures féminines en maillots, vues de dos, introduisent une seconde présence corporelle, plus silencieuse, comme un contrepoint.
Le fond s’ouvre sur une clairière où d’autres silhouettes, à peine esquissées, évoquent une ronde ou un jeu. La matière picturale reste légère : contours souples, modelés réduits à quelques valeurs, et passages de brosse qui laissent respirer le support. La palette est dominée par des verts profonds, des bleus sourds et des ocres, ponctués de roses et de blancs qui accrochent la lumière sur les corps et certaines zones du sol.
Le regard circule par diagonales : du groupe de gauche vers le couple de droite, puis vers l’arrière-plan, avant de revenir au premier plan grâce aux ombres et aux variations de la prairie.
Analyse comparative / corpus voisin
Le rapprochement avec d’autres scènes de plein air de l’artiste tient à cette manière d’opposer de grandes masses sombres (les arbres) à des accents clairs (peaux, tissus), et à l’économie du détail au profit d’une lisibilité d’ensemble. La composition évoque, par son esprit, des études de figures intégrées au paysage plutôt que des nus isolés : Breuillaud privilégie ici le rythme des silhouettes et l’équilibre des plans.
Dans le corpus des années 1940, cette œuvre dialogue aussi avec ses paysages construits par grandes diagonales et aplats chromatiques : la même simplification des volumes, la même attention au contrepoint entre ombre et lumière, et un même goût pour les scènes « habitées », où la présence humaine donne l’échelle et anime l’espace.
Justification de datation et d'attribution
La datation en 1941 est compatible avec la facture : dessin fondu dans la touche, silhouettes traitées par masses colorées, et recherche d’une synthèse entre construction et spontanéité. L’attribution à André Breuillaud est confortée par des constantes stylistiques (arbres structurants, modulations de verts et d’ocres, figures esquissées mais solidement posées) et par la présence d’une signature peinte en bas à gauche.
Provenance / expositions / publications
Collection particulière *
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
