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Non titré (1941)

AB-GU-1941-024 Non titré

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1941, Breuillaud poursuit un cycle de paysages provençaux où l’olivier et la silhouette des reliefs deviennent des motifs récurrents. La période, marquée par des contraintes de déplacement, favorise des sujets proches et des variations autour des mêmes points de vue : collines, villages, routes et vergers.

Peinte sur un support rigide, cette étude témoigne d’un travail direct, probablement en plein air, visant à saisir rapidement les rapports de couleurs et la structure du relief.

Description plastique / stylistique

La composition s’organise en plans horizontaux successifs : au premier plan, une bande de terrain ocre et pierreux ; au milieu, un groupe d’oliviers aux troncs torsadés ; à l’arrière-plan, un relief montagneux traité en larges masses violettes et bleu ardoise. Quelques cyprès vert sombre, verticaux, ponctuent le champ et accentuent la profondeur.

La touche est énergique, parfois en biseau, laissant apparaître la trame du carton et des superpositions franches. Les ombres des arbres sont indiquées par des bleus et des verts refroidis, tandis que les zones éclairées s’affirment par des orangés et des jaunes sourds. Le ciel, travaillé en valeurs froides, contribue à une atmosphère de fin de journée ou de lumière rasante.

Le motif est volontairement simplifié : plutôt qu’un rendu descriptif, Breuillaud recherche une construction par masses chromatiques et un équilibre entre lignes sinueuses (oliviers) et grandes diagonales du terrain.

Analyse comparative / corpus voisin

Ce paysage s’inscrit pleinement dans le corpus des vues provençales de Breuillaud, où l’olivier sert de repère plastique : tronc sombre, feuillage en nuage, ombre portée. La confrontation entre tons chauds du sol et tons froids du relief renvoie à sa manière habituelle de bâtir la profondeur par contraste thermique.

Comparée à des vues plus « urbaines » ou plus narratives, cette étude privilégie la sensation : une synthèse rapide du lieu, proche des pochades, qui met en avant la dynamique de la touche et l’architecture générale du paysage.

Justification de datation et d'attribution

La datation en 1941 est cohérente avec une palette fortement structurée (ocres, violets, verts sourds) et une écriture de brosse très affirmée. L’attribution à André Breuillaud est renforcée par la présence d’une signature visible en bas à gauche et par des constantes de composition (oliviers au premier plan, reliefs simplifiés en arrière-plan, accents verticaux de cyprès).

Provenance / expositions / publications

Collection particulière

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud