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La Seine (1957)

AB-MP2-1957-002 La Seine

Fiche technique

Contexte biographique / historique

Avec « La Seine », Breuillaud transpose un motif parisien — le fleuve et les masses bâties — dans un langage de plans colorés et de signes simplifiés. En 1957, ses vues urbaines s’éloignent du relevé descriptif pour devenir des constructions où l’espace est pensé comme un champ de rapports : verticales des immeubles, horizontales de l’eau, et ponctuations circulaires (lune, soleil, reflets) qui scandent la surface. Le support en carton, fréquemment choisi pour ces variations, favorise une peinture de synthèse, plus directe, où l’artiste peut tester des accords chromatiques audacieux.

Description plastique / stylistique

La composition se déploie sur un fond violet qui sert d’écrin aux blocs de la ville, traités en modules rectangulaires bleutés, gris‑verts et rougeâtres. Au centre, une bande plus claire et plus structurée évoque la rive et les reflets, tandis que deux disques pâles, légèrement décalés, suggèrent des astres ou des lumières sur l’eau. Des traits sombres verticaux interrompent certains aplats, comme des cheminées ou des fentes de façade, accentuant la sensation de silhouettes urbaines. Malgré l’abstraction, l’organisation générale reste lisible : un horizon implicite, des masses construites de part et d’autre, et une circulation du regard entre verticales et horizontales.

Analyse comparative / corpus voisin

Cette interprétation de la ville prolonge les « rues » et « ruelles » de 1955–1956 par une structuration plus panoramique : le passage étroit devient ici un paysage urbain construit autour d’un axe horizontal. Les disques lumineux et la dominante violette rapprochent l’œuvre d’autres recherches de Breuillaud sur les effets de nuit et de contre‑jour, où la couleur organise la profondeur plus que la perspective. On observe aussi une parenté avec des compositions « mosaïquées » où l’architecture est fragmentée en modules : les façades ne sont plus des volumes, mais des champs de rectangles qui varient par densité et par température. Par rapport aux recherches de rotation ou de tourbillon, « La Seine » maintient une stabilité : les plans s’empilent et se répondent, mais la lecture demeure tenue par l’horizontalité du fleuve, véritable ligne de respiration au milieu des verticales.

Justification de datation et d'attribution

La date 1957 s’accorde avec le traitement en modules serrés, la simplification accrue des façades et l’apparition de signes récurrents (disques, fentes verticales) observés dans des œuvres contemporaines. L’œuvre est signée en bas à droite ; la signature et la facture correspondent au corpus certain de Breuillaud sur carton. Le titre renforce la cohérence iconographique avec ses thèmes urbains et fluviaux de cette période.

Provenance / expositions / publications

Provenance : Collection privée.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud