Fiche technique
- Titre : Barbare
- Date : 1957
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 65 x 50 cm
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
En 1957, André Breuillaud approfondit, au sein du cycle MP2, une abstraction construite où le motif n’est plus décrit mais transposé en forces plastiques : arcs, nœuds, plans colorés et « joints » qui organisent l’espace.
Le titre « Barbare » suggère moins une scène qu’une énergie : une forme archaïque, presque totemique, traduite par une dynamique d’enroulement et de heurts chromatiques. L’œuvre se situe ainsi à un moment où la peinture de Breuillaud oscille entre signe organique et architecture mentale.
Description plastique / stylistique
La composition s’organise autour de larges rubans courbes, segmentés en facettes, qui se croisent et se superposent comme une trame en mouvement. Un enroulement central agit comme pivot : il rassemble les directions, puis relance la circulation vers les bords du tableau.
La palette mêle des bleus et violets profonds, qui servent de champ, à des plages plus vives (orangés, rouges, jaunes, turquoise). Les transitions se font par juxtapositions franches ou par passages adoucis ; un léger réseau de contours colorés (verts ou bleutés) vient parfois souligner les découpes, renforçant l’effet de mosaïque.
La matière reste lisible : couches reprises, frottis, recouvrements qui laissent affleurer des teintes sous-jacentes. L’espace est volontairement ambigu : les rubans peuvent se lire à la fois comme volumes en torsion et comme plans découpés, maintenant la tension entre profondeur et surface.
Analyse comparative / corpus voisin
Par son vocabulaire de courbes segmentées, « Barbare » dialogue avec les autres compositions de 1957 où Breuillaud explore une syntaxe « rubanée » : la forme se construit par bandes, et la couleur devient un moyen de scansion plutôt qu’un simple remplissage.
Comparée à « Paysage rouge » (AB-MP2-1957-005), l’œuvre conserve une structure plus articulée et plus contrastée : le champ froid (bleu-violet) y joue le rôle d’un espace de respiration, tandis que l’autre tableau tend vers une saturation chaude qui comprime la profondeur. Cette différence souligne deux pôles complémentaires du cycle MP2 : l’architecture par joints et la masse colorée continue.
Les recherches de 1958 autour des « Vignes en automne » prolongent cette logique : les rubans et facettes y deviennent plus lisibles comme signes du paysage (lignes de rangs, ceps, structures), là où « Barbare » privilégie encore l’ambiguïté entre organique et construit.
Justification de datation et d'attribution
La datation à 1957 est cohérente avec le langage formel du cycle MP2 : segmentation par facettes, circulation par arcs, contrastes chromatiques vifs sur fond froid, et équilibre entre geste et construction.
La signature est visible sur la reproduction, et l’attribution s’appuie sur la cohérence stylistique avec les autres compositions de 1957 : même découpage en rubans, mêmes reprises de matière et même manière d’articuler la couleur par plans juxtaposés.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
