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Les vignes en automne (I) (1958)

AB-MP2-1958-003 Les vignes en automne (I)

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1958, Breuillaud poursuit la dynamique du cycle MP2 tout en réintroduisant, sous forme de signes, un motif paysager : la vigne. Le thème ne revient pas à la description, mais sert de matrice pour ordonner des rythmes, des entrecroisements et des rapports de couleurs associés à la saison.

Dans cette série, l’automne est traité comme un état chromatique : contrastes entre rouges, oranges et ocres d’un côté, bleus et verts de l’autre. Le motif des rangs, des ceps et des attaches se résume en arcs, croisements et masses qui structurent l’espace.

Description plastique / stylistique

La composition associe de grandes formes arrondies et des segments plus anguleux, disposés comme un réseau de signes en tension. Un axe plus affirmé traverse l’ensemble, créant une articulation centrale, tandis que des zones périphériques plus sombres stabilisent le champ.

La palette alterne tons chauds (oranges, rouges, jaunes) et tons froids (bleus, verts), souvent séparés par des liserés ou des transitions sourdes. La matière présente une texture visible : superpositions, reprises et passages plus épais qui donnent à la surface une vibration continue.

Les formes, à mi-chemin entre le végétal et l’abstrait, suggèrent un paysage condensé : ceps et attaches deviennent des courbes et des croisements, sans perspective explicite, mais avec une sensation de profondeur créée par le chevauchement des plans.

Analyse comparative / corpus voisin

Par rapport aux compositions de 1957 dominées par les rubans et la segmentation pure, « Les vignes en automne (I) » rend le signe plus stable : la construction semble moins improvisée, davantage « posée » comme un schéma du motif.

Le tableau se compare naturellement à « Les vignes en automne (II) » (AB-MP2-1958-004), qui propose une autre solution : là où (I) privilégie une synthèse compacte et centrée, (II) développe plus largement les relations entre verticales, masses et intervalles.

Dans l’ensemble du corpus, cette série constitue un point de passage important : les acquis de l’abstraction constructive (plans, joints, rythmes) se mettent au service d’un thème paysager, sans renoncer à l’autonomie de la peinture.

Justification de datation et d'attribution

La datation à 1958 s’accorde avec l’apparition, dans le cycle MP2, d’œuvres où le motif végétal est explicitement nommé et transposé en signes. La palette « automnale » et la structuration par croisements confirment ce moment.

La signature est visible sur la reproduction. L’attribution repose sur la cohérence stylistique avec les autres toiles de 1958 : même articulation entre arcs et plans, même contraste chaud/froid, et même manière de construire la profondeur par recouvrements.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud