L’étal du boucher
Fiche technique
- Titre : L’étal du boucher
- Date : 1951
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 64x80
- Localisation : Collection privée *
Contexte biographique / historique
Datée de 1951, cette scène de marché s’inscrit dans un ensemble d’œuvres où André Breuillaud explore les motifs du travail et de la vie quotidienne : étals, vendeurs, clients, charrettes et objets utilitaires. Le thème du commerce alimentaire, avec son contraste entre abondance des marchandises et gestes précis du métier, offre au peintre un terrain propice pour organiser la composition en plans successifs et pour éprouver une palette plus sombre, ponctuée d’accents rouges et ocres.
Description plastique / stylistique
La scène se construit comme une vue en profondeur d’un étal, cadré à hauteur d’homme. Au premier plan, la table de découpe occupe la majeure partie de l’espace : des quartiers de viande (roses, rouges et pourpres) sont disposés en masses compactes, presque sculpturales. À droite, le boucher, penché, domine l’action : son buste sombre, son bras tendu et l’outil de coupe forment une diagonale qui guide le regard vers le centre de la table. À gauche, une figure assise ou accoudée (client ou aide) équilibre la scène, tandis que l’arrière-plan se ferme par un rideau d’ombres bleutées sous une bande horizontale verte (auvent ou enseigne). Le dessin privilégie les volumes simplifiés et les contours francs ; la matière, posée en aplats et superpositions, maintient une lecture lisible malgré la fragmentation des formes.
Analyse comparative / corpus voisin
Le sujet dialogue avec les autres scènes de marché et d’atelier de ces années, où Breuillaud procède par construction géométrique : les objets sont traités comme des formes à valeur plastique autonome, et les personnages comme des masses articulées par de grandes lignes. On retrouve le même intérêt pour la ‘mise en scène’ du travail (table, outils, gestes) que dans les compositions de marchés ultérieures, notamment celles associées au motif d’Ordener, mais ici dans un registre plus intimiste et plus sombre, centré sur l’étal plutôt que sur la foule.
Justification de datation et d'attribution
L’inscription de 1951 est cohérente avec la phase où l’artiste stabilise un langage de synthèse entre figuration et construction : fragmentation modérée, volumes ramassés, palette contrastée (verts, bleus nocturnes, rouges). La facture et la typologie du sujet correspondent aux œuvres du début des années 1950. L’attribution à André Breuillaud est confirmée par la signature portée en bas à gauche.
Provenance / expositions / publications
Collection privée (localisation indiquée dans la notice). Provenance, expositions et publications : non documentées à ce jour.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
