Fiche technique
- Titre : Vase de fleurs
- Date : 1964
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 46 × 38 cm
- Localisation : Collection privée
Contexte biographique / historique
En 1964, au cœur d’une phase particulièrement dense de la Mutation Plastique (MP3), Breuillaud explore les enveloppes semi-translucides, les formes internes et les hybridations organiques qui prépareront les développements de 1965–1967. Dans ce contexte de haute tension, il lui arrive, de façon rare, de s’accorder une respiration figurative en revenant à un motif simple et immédiatement lisible : le bouquet de fleurs. L’œuvre relève de ces parenthèses précieuses, où la peinture se fait plus directe, plus joyeuse, sans renier la maturité acquise. La provenance signalée au sein du dossier, liée à Claude Bougeard, ami et soutien proche, éclaire cette dimension intime : il s’agit moins d’un détour théorique que d’un moment de liberté picturale.
Description plastique / stylistique
Sur un fond clair, légèrement nuagé, un bouquet généreux se dresse dans un vase arrondi posé bas dans la composition. Les corolles, traitées en touches vives, composent une masse foisonnante où dominent les rouges, les roses, les jaunes et les violets, ponctués d’accents plus clairs. La touche est souple et respirante ; les contours restent ouverts, laissant la couleur construire la forme plus qu’un dessin linéaire. La matière, posée en empâtements légers mais vivants, accroche la lumière et donne au bouquet une vibration chaude, presque affective. Le vase, bleu-vert et légèrement laiteux, stabilise l’ensemble sans insister sur une description optique : il sert de base à la poussée végétale et participe à l’équilibre coloré entre fraîcheur et éclat.
Analyse comparative / corpus voisin
Cette toile se rapproche davantage des rares natures mortes et des bouquets plus anciens du corpus que des recherches strictement MP3 contemporaines, dont elle ne reprend ni les membranes, ni les œillifications, ni les trames internes. Elle fonctionne comme un « souffle » dans la production : un retour ponctuel à la tradition du bouquet, mais réinvesti par une pâte sûre, une palette saturée et une liberté de contour qui appartiennent à la maturité des années soixante. En regard du Bouquet sur fond bleu de la même année, elle choisit une atmosphère plus lumineuse et plus ouverte, où la clarté du fond favorise une lecture plus immédiate et une sensation d’espace.
Justification de datation et d'attribution
La datation en 1964 repose sur la cohérence d’ensemble des matériaux, de la signature et de la manière, ainsi que sur les indications de provenance conservées dans le dossier. Le vocabulaire pictural — palette franche, touche vive, contours non rigidifiés, hiérarchie claire entre vase et masse florale — correspond à un moment où Breuillaud autorise un retour figuratif isolé, en marge du programme organique de MP3. Le caractère atypique de l’œuvre au sein de la série, loin d’affaiblir l’attribution, renforce au contraire l’idée d’une parenthèse volontaire et assumée dans l’année 1964.
Provenance / expositions / publications
Provenance : Claude Bougeard.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
