Fiche technique
- Titre : Non titré
- Date : 1955 (circa)
- Technique : Huile sur toile (HST)
- Dimensions : 130 x 89 cm
- Localisation : Collection privée *
Contexte biographique / historique
Cette grande composition verticale, datée vers 1955, témoigne de la recherche d’une figure devenue signe. Breuillaud ne renonce pas à l’idée du corps : il la traverse, la fragmente et la reconstruit comme une présence centrale prise dans un champ de forces colorées.
L’œuvre s’inscrit dans la même dynamique que les recherches nocturnes et les compositions biomorphiques : un langage où l’analogie (personnage, arbre, totem) subsiste, mais toujours à la limite de l’abstraction.
Description plastique / stylistique
Le format vertical accentue l’idée d’élévation. Au centre, un axe lumineux et rouge-orangé organise la surface, comme une colonne ou une silhouette. Autour, des nappes bleutées, vertes et violacées se superposent en grands voiles, tandis que des lignes plus sombres – parfois vertes, parfois presque noires – dessinent des contours sinueux, proches d’un tracé calligraphique.
La palette oppose des zones chaudes (rouges, oranges) à des fonds plus froids (bleus profonds, turquoises), créant une vibration interne. La matière paraît posée en couches relativement minces, laissant parfois apparaître des respirations et des transparences, ce qui renforce l’impression d’une figure traversée par la lumière.
Plus qu’une scène, l’œuvre propose un état : une présence debout, condensée, comme saisie entre deux plans latéraux. Les courbes qui encadrent la forme centrale peuvent se lire comme des parois, des draperies ou des végétations, mais elles fonctionnent surtout comme des forces qui compriment et dynamisent l’axe principal.
Analyse comparative / corpus voisin
Comparée aux compositions horizontales contemporaines, cette toile explore une autre solution : l’abstraction par verticalisation. Le vocabulaire de l’arc, de la réserve lumineuse et des tracés organiques demeure, mais il se concentre autour d’un pivot unique, ce qui rapproche l’œuvre de recherches « totémiques » perceptibles dans certaines séries ultérieures.
On peut rapprocher cette toile des compositions biomorphiques sur papier de 1955 : mêmes contours sinueux, même opposition chaud/froid, même usage du fond comme champ actif. Ici toutefois, l’échelle et la monumentalité donnent au signe central une dimension quasi figurale.
Dans le corpus, « Non titré » constitue une étape plausible vers les œuvres où la figure se dissout complètement : la silhouette subsiste, mais elle n’est plus anatomique ; elle est une architecture de couleur.
Justification de datation et d'attribution
La datation « circa 1955 » repose sur la cohérence stylistique avec les recherches de cette année : palette contrastée, organisation par axe central, contours organiques et absence de narration directe. Le format et l’ambition plastique correspondent à une phase de consolidation du langage abstrait.
L’attribution ne soulève pas de difficulté : la syntaxe des formes, la gestion des superpositions et la relation entre trait et aplat s’accordent avec les manières de Breuillaud dans la période MP4.
Provenance / expositions / publications
Collection privée *.
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
