Fiche technique
- Titre : L'Arinier à Caromb
- Date : Circa 1949
- Technique : Huile sur Toile (HST)
- Dimensions : 33 x 41
- Localisation : Collection privée
Description plastique / stylistique
Cette vue du quartier de L'Arinier à Caromb s’inscrit dans le moment provençal de la fin des années 1940, lorsque Breuillaud reprend avec insistance les motifs du piémont du Ventoux : villages étagés, terres rouges ou ocrées, oliviers, cyprès, reliefs bleutés et mauves. Le paysage n’est plus seulement observé depuis un point de vue naturel ; il devient un champ de construction où l’artiste organise les masses, les oppositions de valeurs et les accords colorés.
L’inscription portée au dos, « Quartier de L'Arinier à Caromb », donne à l’œuvre une valeur documentaire importante. Elle fixe précisément le motif dans le territoire carombais et confirme le rôle de ce secteur comme lieu d’observation et d’expérimentation. À ce stade, Breuillaud se situe encore dans une peinture de paysage lisible, mais l’image annonce déjà les solutions plus architecturées du début des années 1950, lorsque les collines, les champs et les villages seront de plus en plus reconstruits par plans colorés.
Analyse comparative / corpus voisin
L’œuvre dialogue directement avec AB-PR1-1949-001, Vue du Barroux à Caromb, autre paysage provençal de la même séquence. Dans les deux cas, Breuillaud privilégie une vue construite par registres : premiers plans végétaux ou cultivés, maisons claires au centre, reliefs bleutés au fond. On retrouve également le rôle des cyprès et des masses sombres, qui scandent l’espace et donnent au paysage une armature verticale.
Cependant, L’Arinier à Caromb apparaît plus frontal et plus fortement chromatique. Là où Vue du Barroux à Caromb conserve une atmosphère plus froide, presque nocturne, cette toile accentue la chaleur des terres et la vibration des maisons éclairées. Le paysage se rapproche ainsi d’une syntaxe plus synthétique : les oliviers du premier plan, réduits à des troncs nerveux et à des masses vertes, ne sont plus seulement des éléments naturels, mais des signes plastiques qui structurent le champ.
Par son équilibre entre lisibilité du lieu et simplification des plans, cette œuvre constitue un jalon utile entre les paysages atmosphériques de l’après-guerre et le vocabulaire plus géométrisé de la période PR2. Elle montre Breuillaud au moment où le motif carombais devient un véritable laboratoire de composition.
Justification de datation et d'attribution
La datation vers 1949 est cohérente avec la construction du paysage, encore attachée au motif observé mais déjà orientée vers une forte organisation par plans colorés. Les contrastes de terres rouges, de verts profonds, de maisons claires et de reliefs bleu-mauve correspondent aux recherches provençales de la fin de la période PR1, juste avant l’accentuation des facettes et des ruptures chromatiques autour de 1950.
L’attribution à André Breuillaud est confirmée par la signature peinte en bas à gauche et par la cohérence stylistique avec les paysages carombais contemporains : simplification des volumes bâtis, rôle structurant des oliviers, tension entre lumière chaude et lointains refroidis, et construction de l’espace par masses emboîtées. L’inscription dorsale situe précisément le motif et renforce l’ancrage de l’œuvre dans le corpus provençal de l’artiste.
Provenance / expositions / publications
Localisation actuelle : collection privée *
Inscription au dos : « Quartier de L'Arinier à Caromb ».
© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud
